Colonnes et vestiges des thermes d'Antonin sur le site archéologique de Carthage

Carthage

Ce n'est pas un site, ce sont huit enclos éparpillés dans une banlieue résidentielle. Le savoir avant d'y aller change tout.

Photo Максим Улитин, CC BY 3.0

Vérifié le 20 août 2026. Les droits d'entrée proviennent de l'arrêté conjoint des ministres des Finances et des Affaires culturelles publié au Journal officiel n° 34. Nous ne publions pas d'horaires de site : ils changent selon la saison et aucune source publique ne les tient à jour de façon fiable.

Carthage en bref

Carthage n'est pas un site archéologique compact mais une série d'enclos séparés, répartis sur plusieurs kilomètres dans une banlieue habitée. Entre deux vestiges, on longe des villas, on traverse des rues et on croise une voie ferrée. Personne ne le dit avant la visite, et c'est la première cause de déception du site.

Deuxième chose à savoir, aussi importante : il reste très peu de la Carthage punique. Rome a détruit la ville en 146 avant notre ère puis a bâti la sienne par-dessus. L'essentiel de ce que l'on voit est donc romain, et l'imaginer autrement, c'est préparer une déception de plus. L'ensemble est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.

Dans quel ordre visiter Carthage

Commencez par la colline de Byrsa. C'est le point haut, le musée y est, et la vue permet de situer tous les autres enclos avant d'aller les voir. Faire l'inverse, c'est errer d'un champ de pierres à l'autre sans jamais reconstituer la ville.

Descendez ensuite vers les ports puniques, puis longez le rivage jusqu'aux thermes d'Antonin, qui méritent la fin de la visite : c'est le morceau le plus spectaculaire, et la lumière de l'après-midi y est meilleure. Le reste se greffe selon le temps disponible.

Les thermes d'Antonin Incontournable

L'enclos le plus spectaculaire, en bord de mer. Il ne reste que le niveau des soubassements, mais leur échelle et les colonnes relevées donnent la mesure du bâtiment. C'est là qu'on comprend physiquement ce qu'était la Carthage romaine.

Les ports puniques Incontournable

Deux bassins, l'un rectangulaire pour le commerce, l'autre circulaire pour la flotte de guerre, avec son îlot central. Ils sont aujourd'hui petits et bordés de villas, ce qui déroute, mais c'est l'un des rares vestiges proprement puniques du site.

La colline de Byrsa et le musée Incontournable

Le point haut, avec le quartier punique dégagé au pied de l'ancienne cathédrale, et le musée national de Carthage. C'est le meilleur endroit pour commencer : la vue embrasse l'ensemble et remet chaque enclos à sa place.

Le tophet de Salammbô Selon l'intérêt

Un sanctuaire punique à stèles funéraires, dont l'interprétation reste débattue par les archéologues. Petit, sans mise en scène, et parlant surtout à qui s'intéresse à la religion carthaginoise.

L'amphithéâtre et les citernes Facultatif

Très arasés. L'amphithéâtre a servi de carrière et il en reste peu de chose. À voir seulement si vous disposez d'une journée entière et que vous êtes déjà venu à bout du reste.

Les villas romaines et l'odéon Facultatif

Quelques mosaïques en place et une maison partiellement remontée. Le rapport entre le temps de marche et ce qu'on voit y est le moins favorable de tout le site.

Salles voûtées des soubassements des thermes d'Antonin, à Carthage
Les thermes d'Antonin ne se lisent qu'au niveau des soubassements. Ce qui reste debout est le sous-sol du bâtiment. Photo Максим Улитин, CC BY 3.0.

Ce qui est punique et ce qui est romain

La question revient à chaque visite, et le site n'y répond pas. Voici la règle simple. Les ports, le tophet et le quartier dégagé au pied de Byrsa sont puniques. Les thermes, l'amphithéâtre, les citernes, l'odéon et les villas sont romains.

Cette asymétrie a une cause historique nette : après 146 avant notre ère, Rome a nivelé la ville et reconstruit un siècle plus tard une colonie qui est devenue l'une des plus grandes cités de l'Empire. Ce que le visiteur prend pour Carthage est donc surtout la Carthage romaine. Pour voir une ville punique intacte, il faut aller à Kerkouane, au Cap Bon, la seule que Rome n'a jamais rebâtie : voir notre page Cap Bon.

Le port punique circulaire de Carthage et son îlot central
Le port militaire circulaire, avec son îlot. C'est l'un des rares vestiges proprement puniques du site. Photo Neil Rickards, CC BY 2.0.

Billet et accès

Un billet unique couvre tous les enclos. Conservez-le, il est contrôlé à chaque entrée. Carthage relève de la catégorie B du barème national des sites et musées.

Droit d'entrée pour les visiteurs non résidents
SiteCatégorieNon-résidentÉvolution annoncée
Carthage, billet uniqueCatégorie B20 DT30 DT à compter de janvier 2027

Tarif applicable au 1er avril 2026, arrêté conjoint publié au Journal officiel n° 34. Un tarif réduit existe pour les scolaires et les étudiants, et l'entrée est gratuite le premier dimanche de chaque mois. Les horaires varient selon la saison : vérifiez-les sur place, nous ne les publions pas faute de source fiable.

Comment aller à Carthage

Le TGM règle la question. Cette ligne ferroviaire relie Tunis Marine, au bout de l'avenue Bourguiba, à La Marsa, et plusieurs de ses stations portent le nom de Carthage. Chacune dessert un secteur différent : descendez à Carthage Hannibal pour la colline de Byrsa et le musée, à Carthage Dermech pour les thermes.

En voiture, le stationnement est possible près de chaque enclos mais rien n'est organisé pour le visiteur. En taxi, exigez le compteur. Le détail des transports est sur notre page se déplacer en Tunisie.

Combien de temps y consacrer

Une demi-journée pour Byrsa, les ports et les thermes, ce qui est déjà une visite honnête. Une journée entière pour ajouter le tophet, l'amphithéâtre et les villas, en acceptant de marcher. Au-delà, il n'y a pas de gain. Prévoyez de l'eau et un chapeau : les enclos sont ouverts, sans ombre, et l'été y est écrasant. Les relevés sont sur notre page météo à Tunis.

Chapiteau corinthien posé au sol dans les thermes d'Antonin à Carthage
Les éléments d'architecture sont posés au sol, sans mise en scène ni cartel. Photo Emnamizouni, CC BY-SA 3.0.

Autour de Carthage

Sidi Bou Saïd est à quelques minutes sur la même ligne de train. C'est l'enchaînement le plus naturel du Grand Tunis : Carthage le matin, le village bleu et blanc en fin d'après-midi, quand les cars de croisiéristes sont repartis. Voir notre fiche Sidi Bou Saïd.

Tunis et son musée du Bardo complètent la visite : une partie de ce qui a été trouvé à Carthage y est exposée. Voir notre fiche que faire à Tunis.

Dougga et Bulla Regia, dans le Nord-Ouest, donnent une idée bien plus complète de ce qu'était une ville romaine d'Afrique, parce qu'elles n'ont pas été recouvertes par une banlieue. Voir Dougga et Bulla Regia.

Questions fréquentes

Reste-t-il quelque chose de la Carthage punique ?
Peu de chose. Rome a rasé la ville en 146 avant notre ère puis a reconstruit dessus : l'essentiel de ce qu'on visite à Carthage est romain. Les ports puniques, le quartier de Byrsa et le tophet sont les exceptions.
Combien de temps faut-il pour visiter Carthage ?
Une demi-journée pour les trois enclos principaux, une journée complète pour tout voir sans courir. La marche entre les enclos représente une part réelle de ce temps.
Les sites de Carthage sont-ils regroupés ?
Non, et c'est la principale surprise du site. Les vestiges sont répartis sur plusieurs kilomètres dans une banlieue résidentielle, séparés par des rues, des villas et une voie ferrée.
Comment aller à Carthage depuis Tunis ?
Par le TGM, la ligne ferroviaire qui relie Tunis Marine à La Marsa. Plusieurs stations portent le nom de Carthage et desservent chacune un secteur différent du site : descendez à Carthage Hannibal pour Byrsa.
Peut-on combiner Carthage et Sidi Bou Saïd ?
Oui, c'est même l'enchaînement le plus logique : les deux sont sur la même ligne de train, à quelques minutes l'un de l'autre. Carthage le matin, Sidi Bou Saïd en fin d'après-midi quand les cars sont repartis.
Faut-il un billet par site à Carthage ?
Non, un billet unique couvre l'ensemble des enclos. Conservez-le : il est contrôlé à chaque entrée.

Sources : site archéologique de Carthage, Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, inscription 1979, référence 37 ; droits d'entrée fixés par arrêté conjoint des ministres des Finances et des Affaires culturelles, Journal officiel n° 34, applicables au 1er avril 2026. Page vérifiée le 20 août 2026.